22.03.2008

Martine Delpon : Insoumise

948cb0c616f8162e231fa11ae3cbe237.jpg Et oui notre Martine Delpon est une star internationale. Après un article dans Clara Magazine, voici celui réalisé par les reporters du Lycée Léon Blum de Créteil. L'interview a été publiée dans le What's up ? mais également dans le magazine Kritiks (en ligne)

Lucie : En quoi consiste votre travail au sein du Festival ?
Martine Delpon :
Ca va faire 20 ans en 2009 que j’ai été embauchée sur le Festival International de Films de Femmes. Depuis une dizaine d’années, j’ai mis en place une activité un peu particulière dans les quartiers de Créteil, une activité d’animation qui est l’éducation à l’image, un travail avec les femmes de Créteil pour les amener à voir une séance de cinéma par mois avec un débat, des films de femmes mais pas forcément.
J’ai également développé des ateliers d’initiation de stage vidéo. C’est une initiation à l’image où, pendant huit jours, elles apprennent à se servir de la caméra et à faire un film : on a fait des petits films de stage puis ça s’est transformé en « vidéo 1 minute ».

2e38e0b779db3bf5ef7837e82ae601c7.jpgGaëlle : Qu’est ce que « les vidéos 1 minute » ?
M.D. :
Pendant le stage, toutes les femmes font une vidéo 1 minute sur le même thème puis celles qui ont voulu continuer après les stages à avoir une activité en vidéo sont devenues les vidéos femmes de Créteil. En plus, elles ont développé avec moi une partie de théâtre. Depuis deux ans, elles ont monté deux projets : le premier sur l’amour qui s’appelait « Moi c’est Juliette, Roméo parti » et le second c’est « Le cabaret des insoumises » que vous allez voir dimanche.
Pour en revenir aux vidéos, chaque année, les vidéos 1 minute ont un thème différent : cette année c’est « les insoumises». Elles ont donc toutes travaillé sur ce sujet et c’est pour ça qu’après on a réfléchi et j’ai eu envie de mettre en place le cabaret qui s’appelle lui aussi « les insoumises ». L’année prochaine, le thème sur lequel nous allons travailler sera « les péchés ».

165e76628ce7dfb6b72a39b4ed1fadf8.jpgElisa : Pouvez vous nous parler du « Cabaret des insoumises » ?
M.D. :
Le cabaret des insoumises, c’est un projet que j’avais en tête depuis très longtemps : tous les ans, on peut faire un ou deux cabarets avec une thématique différente. Elles sont maintenant seize femmes des quartiers de Créteil de toutes origines qui sont non-professionnelles bien sûr et qui ont travaillé dans des ateliers théâtre et danse.
Dans le Cabaret des insoumises, il y a de la chorégraphie comme dans tous les cabarets : des petits numéros de 2-3 minutes. En théâtre, elles ont appris à improviser ce qu’était leur propre insoumission et elles l’ont mise en scène. Chacune d’entre elles a une expression personnelle sur sa propre insoumission ce qui donne un ensemble assez étonnant d’ailleurs : des paroles très vraies, très fortes de ces femmes qui osent dire leur insoumission alors qu’elles n’y auraient pas forcément pensé auparavant. Ca devient donc un projet très puissant. Le spectacle dure 50 minutes avec du chant, de la danse orientale, des poèmes…
Le cabaret, j’ai eu envie de le faire tourner en France et si possible dans des villes partenaires avec lesquelles on pourrait travailler et qui nous accueilleraient. Il est aussi question d’en faire une activité permanente et qu’il y ait au moins chaque année un ou deux cabarets crées et diffusés sur Créteil.

Lucie: Pouvez vous nous expliquer ce qu’est le réseau des films de femmes ?
M.D. :
J’ai essayé de dynamiser un réseau en France : à Nantes, Montreuil, Boissy-Saint-Léger. Il y a trois groupes qui fonctionnent déjà de la même façon. Et puis maintenant, il y a le groupe partenaire de Turin : les femmes d’almateatro chez qui on est allé jouer « moi c’est Juliette, Roméo parti ». C’est comme ça qu’on les a connues, ce sont des femmes immigrées qui font du théâtre. Et elles vont venir à Créteil : elles arrivent aujourd’hui. Il y a également des femmes qui viennent de Mataró, une ville jumelée avec Créteil et qui ont aussi fait des vidéos.
Le réseau… Il est déjà informel c'est-à-dire que chaque année, vous avez énormément d’organisatrices d’autres festivals de films de femmes qui viennent à Créteil. Cette année, on a voulu formaliser d’avantage : on va faire une véritable réunion,pour réfléchir ensemble à ce que l’on fait chacune d’entre nous que ça soit en Italie, en Suède, en France et en Espagne. On réfléchira également sur les projets qu’on pourrait mettre en commun : les vidéos 1 minute justement qui sont parties de Barcelone au départ. C’est leur projet à elles : moi je l’ai continué à ma façon. Ce projet-là par exemple pourrait devenir un programme qui tourne si chacune d’entre elles produit des vidéos 1 minute.
Il y a une réunion demain à 11 heures. Après, on présente les vidéos 1 minutes puis il y a un débat public de présentation du réseau et on va essayer d’élaborer ensemble des actions communes que l’on pourrait mettre en place au cours de l’année.

Interview réalisée par Lucie Bellenger, Gaëlle Delarbre et Elisa Sabban


Demain à 15h30, retrouvez le Cabaret des Insoumises, à la Maison des Arts de Créteil, Place Salavador Allende, 94000 Créteil